Publié le 15 mars 2024

Pour réussir sa première incursion à Mafate, le secret n’est pas d’être un athlète, mais d’être malin : il faut choisir le bon point d’entrée et le bon point de chute.

  • L’accès par le Col des Bœufs est de loin le plus clément pour les mollets, avec une descente progressive vers le cœur du cirque.
  • La Nouvelle est l’îlet idéal pour une première nuit : accessible, vivant et bien équipé. Grand Place est une alternative plus calme pour ceux qui cherchent plus d’isolement.

Recommandation : Concentrez-vous sur l’itinéraire Col des Bœufs → La Nouvelle pour une expérience de 2 jours qui combine des paysages grandioses et un effort maîtrisé, vous laissant l’énergie de profiter de l’ambiance unique du cirque.

Tous les jours, sur mes tournées, je croise vos regards. Ceux qui, depuis le Maïdo ou le Col des Bœufs, contemplent Mafate. Ce mélange d’envie et d’une pointe d’appréhension. Vous vous dites que ça doit être magnifique, mais costaud. On vous a parlé des remparts vertigineux, des sentiers qui « cassent les pattes » et de cet isolement total, sans aucune route. Beaucoup vous conseilleront simplement de « bien vous équiper » ou de « partir tôt ». C’est un bon début, mais ça ne suffit pas. L’erreur du randonneur moyen, c’est de penser que Mafate se conquiert uniquement à la force des cuisses.

Croyez-en le facteur qui arpente ces sentiers par tous les temps : le secret d’une première immersion réussie, c’est de comprendre le rythme du cirque. Ce rythme, il est dicté par la logistique, la vie des habitants et surtout, par la topographie. La clé n’est pas de forcer, mais de choisir un parcours qui vous permet de profiter du spectacle sans finir complètement cuit. Il ne s’agit pas de chercher la facilité, elle n’existe pas vraiment ici, mais « l’effort juste ». Un effort qui vous laisse assez de souffle pour dire bonjour aux habitants, pour apprécier le repas du soir au gîte et pour ne pas maudire chaque marche de la remontée.

Alors, oubliez les récits héroïques. Je vais vous donner les clés non pas du touriste, mais de celui qui vit Mafate au quotidien. On va voir ensemble comment on entre dans le cirque intelligemment, quel îlet choisir pour sentir l’âme de Mafate sans être trop isolé, et comment gérer les petits détails qui font toute la différence, de la gestion de vos déchets au mental nécessaire pour la dernière montée. C’est un contrat de confiance entre vous, le cirque et ses habitants.

Cet article est conçu comme une discussion au bord du sentier. Nous allons décortiquer, étape par étape, les choix cruciaux pour que votre première aventure de deux jours à Mafate soit une réussite et vous donne envie de revenir explorer d’autres sentiers.

Pourquoi tout coûte 30% plus cher dans les boutiques de Mafate ?

La première chose qui surprend le randonneur non averti, une fois arrivé dans un îlet après quelques heures de marche, c’est le prix affiché à la petite boutique. Une bouteille d’eau, des gâteaux, une bière… tout semble plus cher. Ce n’est pas une « taxe touriste », c’est simplement la réalité de l’économie de l’isolement. Ici, pas de camion de livraison. Chaque produit que vous achetez, des piles pour votre frontale au riz du cari que vous mangerez le soir, est arrivé par les airs. C’est un ballet incessant d’hélicoptères qui fait le lien avec le monde extérieur.

Cette logistique a un coût énorme. Il faut savoir que plus de 90% des ravitaillements dans le cirque de Mafate sont assurés par hélicoptère. Chaque rotation est facturée, et ce coût se répercute inévitablement sur le prix final. Comprendre cela, ce n’est pas seulement comprendre pourquoi la Dodo est plus chère, c’est comprendre l’effort et l’ingéniosité qu’il faut aux Mafatais pour vivre ici. Ce n’est pas un parc d’attractions, c’est un lieu de vie avec ses propres contraintes économiques.

Alors, le meilleur conseil que je puisse vous donner, c’est d’anticiper. Allégez votre portefeuille en alourdissant un tout petit peu votre sac au départ. Pensez aux produits de première nécessité qui sont petits, légers mais qui coûtent cher sur place. Emporter vos propres barres de céréales, votre petite pharmacie et surtout vos piles ou batteries de rechange, c’est un geste simple qui vous fera faire des économies substantielles et qui, surtout, démontre votre respect pour la logistique complexe du cirque. Moins vous dépendez des boutiques pour l’essentiel, plus vous pouvez vous permettre le petit plaisir local, comme un bout de gâteau patate fait maison, qui lui, n’a pas de prix.

Comment entrer par le Col des Bœufs pour éviter les dénivelés trop brutaux ?

Maintenant que vous comprenez pourquoi chaque gramme dans le sac compte, parlons du chemin pour y entrer. Pour une première fois, l’objectif n’est pas l’exploit, mais le plaisir. Et le plaisir, ça commence par un départ qui ne vous anéantit pas dès la première heure. De toutes les portes d’entrée vers Mafate, celle du Col des Bœufs (accessible depuis le cirque de Salazie) est sans conteste la plus indiquée pour une initiation. Pourquoi ? Parce qu’elle vous fait entrer dans le cirque en douceur.

L’itinéraire classique depuis le parking gardé du Col des Bœufs vers La Nouvelle est une merveille de progressivité. Oubliez les descentes à pic et les sentiers vertigineux. Comme le confirment les habitués, vous commencez par une marche quasi-plate sur une vingtaine de minutes, qui vous permet de vous échauffer et d’admirer un premier panorama spectaculaire sur le cirque. Ensuite, le sentier plonge dans Mafate, mais il le fait intelligemment : une descente régulière avec de nombreuses marches, très fréquentée et sans aucun danger. C’est un sentier qui se descend bien, même pour des genoux non-initiés, à condition de prendre son temps.

Le moment magique de cette approche est la traversée de la Plaine des Tamarins. C’est un endroit hors du temps, une forêt d’altitude aux arbres tortueux et blanchis par le lichen, qui forment comme des arches naturelles au-dessus du sentier. L’ambiance y est souvent brumeuse, mystérieuse. C’est une récompense visuelle qui arrive tôt dans la randonnée et qui vous met dans une excellente disposition mentale pour la suite.

Sentier traversant la mystérieuse Plaine des Tamarins avec ses arbres noueux caractéristiques

En choisissant cet accès, vous mettez toutes les chances de votre côté. La descente totale vers La Nouvelle prend environ 1h30 à 2h, un effort tout à fait gérable qui vous laisse frais et disponible pour profiter de votre après-midi dans l’îlet. C’est le choix de la raison, celui qui vous assure de garder de l’énergie pour la remontée du lendemain.

La Nouvelle ou Grand Place : quelle ambiance pour quel type de randonneur ?

Vous voilà entré dans le cirque, les jambes encore fraîches. La question suivante est : où poser son sac pour la nuit ? Pour une première de 2 jours, deux options principales se détachent : La Nouvelle et Grand Place. Votre choix dépendra de ce que vous cherchez : la convivialité animée ou le calme et l’isolement. Sur mes tournées, je vois bien que ces deux îlets n’ont pas du tout le même « pouls ».

La Nouvelle, c’est un peu la « capitale » de Mafate. C’est l’îlet le plus facile d’accès depuis le Col des Bœufs, et donc le plus développé. Vous y trouverez plusieurs gîtes, des épiceries, un bar, et même une boulangerie ! C’est un vrai petit village, vivant et animé, surtout en fin de journée quand tous les randonneurs arrivent. Comme le disent certains, Le village de La Nouvelle est l’un des plus touristiques du cirque de Mafate mais reste néanmoins un des plus charmants. Pour une première expérience, c’est extrêmement rassurant. On se sent moins « perdu », et la présence de services facilite grandement le séjour. C’est le choix idéal si vous aimez l’échange et la convivialité.

Grand Place est une tout autre histoire. Pour y accéder, il faut généralement entrer par la Rivière des Galets (avec un 4×4 puis de la marche). L’îlet est plus étendu, plus « éclaté » en plusieurs quartiers (les « écoles »). L’ambiance y est beaucoup plus calme, plus authentique peut-être. Le sentiment d’isolement est plus fort. C’est un choix excellent pour ceux qui ont déjà une petite expérience de la randonnée et qui cherchent à s’immerger dans un Mafate plus silencieux, plus contemplatif.

Pour vous aider à visualiser les différences, voici un tableau qui résume bien la situation, en y ajoutant Aurère, un autre îlet intéressant mais un peu plus exigeant d’accès pour une première.

Comparaison des 3 îlets pour débutants
Critères La Nouvelle Grand Place Aurère
Facilité d’accès ★★★★★ Via Col des Bœufs ★★★ Via 4×4 + marche ★★★ Via sentier Augustave
Services disponibles Boulangerie, épiceries, gîtes nombreux Gîtes, église, école Gîtes, ambiance authentique
Niveau d’animation Le plus animé Calme et étendu Très calme
Sentiment d’isolement Faible Moyen Fort

Pour résumer, si vous voulez une première expérience en douceur avec tout le confort possible dans le cirque, visez La Nouvelle. Si vous vous sentez déjà un peu l’âme d’un aventurier et que le silence ne vous fait pas peur, Grand Place vous offrira une immersion plus profonde.

L’erreur de laisser ses poubelles sur place en pensant qu’elles seront ramassées

Il y a une chose qui me fend le cœur sur mes tournées : trouver un emballage de barre chocolatée ou une bouteille en plastique abandonnée au détour d’un sentier. C’est une erreur que beaucoup font, non pas par méchanceté, mais par ignorance. On se dit « il y a bien un service de nettoyage » ou « les gîteurs s’en occuperont ». C’est une méconnaissance totale du fonctionnement de Mafate. Ici, il n’y a pas de camion-poubelle. Chaque déchet que vous laissez derrière vous devra soit être péniblement descendu à dos d’homme, soit, pour les plus gros volumes, héliporté. Et vous avez vu ce que ça coûte.

Laisser ses déchets, c’est imposer un fardeau, financier et physique, aux habitants qui vous accueillent. C’est une marque de mépris pour leur travail et pour la nature exceptionnelle qui vous entoure. La règle d’or, le contrat de confiance fondamental à Mafate, est simple : tout ce que vous avez eu la force de porter plein, vous aurez la force de le rapporter vide. Un emballage de sandwich pèse quelques grammes. Une bouteille vide est plus légère que pleine. Il n’y a aucune excuse.

Comme le rappelle Alain Legros, un des transporteurs 4×4 qui connaît le cirque comme sa poche :

Le cirque de Mafate est un site exceptionnel, fragile et isolé, merci de ramener vos déchets, les habitants et la nature vous en remercieront.

– Alain Legros, 4×4 Mafate – Guide du transporteur

Le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas. Avant même de partir, vous pouvez agir. En adoptant une stratégie zéro déchet, vous simplifiez votre randonnée et vous montrez le plus grand des respects. C’est un état d’esprit à adopter.

Votre plan d’action pour un Mafate propre

  1. Anticipation à la maison : Déballez tous vos produits neufs (barres énergétiques, matériel) chez vous. Laissez le carton et le plastique inutiles à la maison, pas dans votre sac à dos.
  2. Choix des contenants : Privilégiez des boîtes réutilisables pour vos sandwichs et vos en-cas plutôt que du film plastique ou de l’aluminium. Une gourde est aussi indispensable.
  3. Le sac dédié : Prévoyez dans votre équipement un petit sac poubelle, si possible étanche et refermable, qui sera exclusivement dédié à vos quelques déchets inévitables.
  4. Achats malins : Si vous achetez des produits, privilégiez ceux qui ont le moins d’emballage. Par exemple, un pain entier à La Nouvelle plutôt que des gâteaux en sachets individuels.
  5. Le geste final : De retour au parking du Col des Bœufs ou à la Rivière des Galets, jetez votre sac de déchets dans les poubelles prévues à cet effet. La boucle est bouclée.

Comment remonter la pente finale sans craquer mentalement ?

Le deuxième jour, après une bonne nuit en gîte, il faut penser au retour. Et le retour, depuis Mafate, ça veut dire une chose : monter. La remontée, notamment celle vers le Col des Bœufs, est le moment où beaucoup de randonneurs moyens souffrent. Le corps est un peu fatigué, le sac semble plus lourd, et la pente, même si elle n’est pas techniquement difficile, peut paraître interminable. C’est là que le mental joue un rôle aussi important que les mollets. Le secret des Mafatais pour gravir ces remparts jour après jour n’est pas une force surhumaine, c’est une technique : le « pas du Mafatais ».

Cette technique ancestrale est d’une simplicité redoutable. Elle consiste à adopter un rythme très lent mais absolument constant. Des petits pas, réguliers, presque traînants. Le pied se pose à plat, sans forcer. La respiration doit être synchronisée avec la marche. On ne cherche pas la vitesse, on cherche l’endurance. On ne s’arrête pas toutes les cinq minutes, car chaque redémarrage coûte une énergie folle. On trouve son propre petit rythme, celui qu’on peut tenir pendant une heure sans s’épuiser. C’est contre-intuitif pour le citadin pressé, mais c’est la seule façon de « manger » le dénivelé sans se faire dévorer par lui.

Randonneur en pleine ascension sur un sentier escarpé de Mafate utilisant la technique des micro-objectifs

En plus de cette technique physique, il y a une astuce mentale : la politique des micro-objectifs. Ne regardez jamais le sommet du rempart. C’est le meilleur moyen de se décourager. La distance semble infranchissable. Fixez-vous plutôt des objectifs proches et atteignables : le prochain lacet, le gros rocher à 20 mètres, l’arbre à l’ombre. Chaque petit objectif atteint est une petite victoire qui nourrit le moral. Vous ne grimpez pas une montagne, vous enchaînez simplement une série de petites marches. Et c’est en additionnant ces petites victoires que, sans même vous en rendre compte, vous arriverez en haut, fatigué mais fier, et non pas anéanti.

Comment réserver une place dans un 4×4 pour monter à la Rivière des Galets ?

Si vous avez opté pour un itinéraire entrant ou sortant par l’ouest du cirque (vers Grand Place ou les Orangers, par exemple), l’étape du 4×4 dans le lit de la Rivière des Galets est un passage obligé et une expérience en soi. Ce n’est pas une route, mais une piste chaotique où seuls les transporteurs agréés peuvent s’aventurer. Essayer de le faire à pied est une très mauvaise idée : c’est long, monotone et pas du tout intéressant. Le 4×4 est votre sésame pour atteindre le vrai début du sentier, à Deux-Bras.

Le trajet est mémorable. Entouré d’immenses remparts, le véhicule traverse la rivière à plusieurs reprises dans des gerbes d’eau. Il amusera petits et grands randonneurs. Vous plongez petit à petit, dans l’ambiance unique du cirque de Mafate, laissant derrière vous l’agitation de la côte. C’est une transition parfaite entre la civilisation et le monde sauvage. Le trajet dure environ 30 minutes et vous dépose au point de départ des sentiers. Mais attention, cela ne s’improvise pas ! Il est impératif de réserver votre place, à l’aller comme au retour.

Les places sont limitées et les transporteurs organisent leurs rotations en fonction des réservations. Appeler quelques jours avant votre randonnée est une nécessité. Voici les informations essentielles pour organiser ce transfert :

  • Le point de départ se situe au grand parking surveillé de la Rivière des Galets, sur la commune du Port.
  • La réservation est obligatoire. Ne vous présentez pas sans avoir appelé, vous risqueriez de rester sur le parking.
  • Le paiement se fait généralement en espèces directement auprès du chauffeur. Prévoyez l’appoint.
  • Quelques contacts fiables : THOMAS MAURICE (TRANSPORT MAFATE) au 06 92 62 82 10 (environ 14€ par personne) ou CAZEAU PASCAL (ODYSSEE DES MASCAREIGNES) au 06 92 31 87 35.

Pensez bien à confirmer l’heure de votre retour avec le chauffeur. Ils sont en général ponctuels, mais à Mafate, on apprend vite que la nature a toujours le dernier mot. Une petite marge de sécurité n’est jamais de trop.

Pourquoi le repas commun à 19h est-il le cœur de l’expérience en gîte ?

Après une journée de marche, l’arrivée au gîte est un soulagement. Mais la véritable expérience Mafataise commence un peu plus tard, vers 19 heures. Ce n’est pas juste un dîner, c’est un rituel. Le repas du soir en gîte est le moment où le rythme du cirque prend tout son sens. Tout le monde se retrouve autour de la même grande table : randonneurs de tous horizons, guides, et souvent le gîteur lui-même. C’est le point de convergence social de l’îlet.

Le rituel est souvent le même. Il débute par un apéritif, un rhum arrangé maison offert par le propriétaire, qui délie les langues et efface la fatigue. C’est le moment privilégié pour échanger les bons plans : « Attention, le sentier vers Marla est glissant », « La météo de demain s’annonce bonne », « N’oubliez pas de goûter le gâteau patate de la boutique d’en bas ». Le gîteur, qui connaît son coin par cœur, distille ses conseils. C’est une mine d’informations bien plus précieuse que n’importe quel guide papier. Puis vient le repas, le fameux cari cuit au feu de bois, simple, roboratif et délicieux, servi dans de grandes marmites où chacun se sert.

Comme le souligne un habitué des lieux, c’est un grand moment de convivialité, en perspective, comme le permettent souvent les séjours en gîte. C’est aussi cela la randonnée à la Réunion !. C’est à ce moment précis que vous n’êtes plus un simple touriste, mais un invité. Vous partagez plus qu’un repas ; vous partagez des histoires, des efforts, des émerveillements. C’est le cœur battant de la vie sociale à Mafate. Manquer ce moment ou dîner seul dans son coin avec un sandwich, c’est passer à côté de 50% de l’expérience.

À retenir

  • Pour une première randonnée de 2 jours, l’itinéraire Col des Bœufs vers La Nouvelle est le plus équilibré en termes d’effort et de découverte.
  • Anticipez les coûts élevés dans le cirque en emportant vos propres snacks et produits de première nécessité. Votre portefeuille vous remerciera.
  • La règle d’or de Mafate est absolue : tous vos déchets doivent repartir avec vous. C’est une marque de respect non négociable.

Accéder au Maïdo ou au Dimitile sans voiture : quelles solutions existent pour les randonneurs ?

Votre aventure à Mafate ne commence pas au début du sentier, mais bien avant, au moment de planifier l’accès à ces fameuses portes d’entrée. Si vous n’avez pas de véhicule de location, rejoindre les points de départ comme le Maïdo (pour le panorama et la descente vers Roche Plate) ou le Dimitile (une autre porte d’entrée plus au sud) peut vite devenir un casse-tête. Heureusement, le système D réunionnais et quelques options officielles existent. Il faut juste les connaître et les anticiper.

Pour le Maïdo, le point de vue le plus célèbre sur Mafate, la situation est complexe. Le bus du réseau Kar’Ouest (ligne 61) y monte, mais ses horaires sont souvent peu compatibles avec ceux des randonneurs. L’arrivée est tardive, le dernier départ trop tôt. C’est une solution de dépannage, mais rarement idéale. La meilleure option reste la solidarité entre randonneurs. L’auto-stop fonctionne assez bien le week-end sur la route du Maïdo, surtout après le village du Guillaume. Encore plus efficace, le covoiturage : postez une demande quelques jours à l’avance sur les groupes Facebook dédiés comme « Rando 974 » ou « Passion Rando Réunion ». C’est une pratique très courante et un excellent moyen de rencontrer d’autres passionnés.

Pour le Dimitile ou d’autres départs moins classiques, les solutions sont similaires mais demandent plus d’organisation :

  • VTC et navettes spécialisées : Certains chauffeurs proposent des transferts sur mesure pour les randonneurs. Une recherche sur les groupes locaux ou une demande à l’office de tourisme peut vous orienter vers les bons contacts.
  • Le taxi : C’est la solution la plus simple mais aussi la plus onéreuse. À réserver pour les groupes ou si aucune autre option n’est viable.
  • La combinaison bus + auto-stop : Prenez un bus pour vous rapprocher au maximum du point de départ, puis tendez le pouce pour les derniers kilomètres. Cela demande de la patience et un peu de chance.

Planifier son accès est une randonnée en soi. Ne sous-estimez pas cette étape, car elle conditionne votre heure de départ et donc la sécurité et le plaisir de votre journée dans le cirque.

Bien penser sa logistique d’accès et de sortie est la garantie d’une aventure sans stress. Pour une vue d’ensemble, il est crucial de maîtriser les différentes options de transport sans voiture.

Maintenant que vous avez toutes les cartes en main, des astuces du facteur pour ménager vos mollets aux secrets de la vie en gîte, il ne vous reste plus qu’à franchir le pas. L’étape suivante, la plus concrète, est de transformer ce projet en réalité : réservez votre nuit en gîte et votre transport si nécessaire. C’est le premier pas sur le sentier.

Rédigé par Mathieu Grondin, Accompagnateur en Moyenne Montagne (AMM) diplômé d'État, spécialiste du trekking tropical et de l'ultra-trail. 15 ans d'expérience dans les Cirques de Mafate, Cilaos et Salazie.